
Pour la première fois, un vainqueur du Vendée Globe remet son titre en jeu. Une perspective qui ne semble pas affecter outre mesure Vincent Riou qui a surtout hâte d'en découdre.
Remettre son titre en jeu, c'est un pari osé...
Non, c’est surtout parce que je me suis fait tellement plaisir sur le dernier Vendée Globe. J’ai sincèrement, vraiment envie d’y retourner. De plus, le plateau proposé est pour le moins alléchant. Quand on aime la confrontation, on se dit que ne pas être présent sur la ligne, ce serait rater un sacré moment dans une vie de coureur. Et puis, nous avons eu la chance de vivre une dernière édition où tout s’est bien passé.
Qu'est-ce qui a changé dans le Vendée Globe ?
Globalement, nous sommes beaucoup mieux préparés que les pionniers des premières éditions. Nos bateaux répondent à des critères de jauge stricts en matière de sécurité. Nous avons bénéficié de l’expérience de nos prédécesseurs et nos sources d’informations n’ont plus rien à voir. Aujourd’hui, nous recevons des fichiers météo fiables qui nous permettent d’anticiper à plusieurs jours notamment pour éviter le très mauvais temps. Et la navigation c’est aussi une question d’intelligence collective : tu apprends toujours de ce qu’ont fait tous les autres. Aujourd’hui le Grand Sud n’est plus cet espace totalement inconnu. Même si on sait qu’il faut rester humble dans ces mers-là.
On n'a jamais vu autant de nouveaux bateaux, de vainqueur potentiels sur la ligne. Est-ce que ces données vont modifier la gestion de la course ?
C’est trop tôt pour le dire...Tout d’abord, on ne sait pas quelles conditions nous aurons lors du prochain Vendée Globe, le dernier a été plutôt clément pour les bateaux de tête… Mais rien ne dit que nous aurons le même scénario. Une chose est sûre, nous n’aurons pas dix-huit bateaux en train de se tirer la bourre du début à la fin de la course. Comme à chaque fois, il y aura son lot de surprise...Certains n’arriveront pas à se mettre dans le rythme et d’autres vont se révéler.
Que faut-il penser de l'évolution et du nombre de nouveaux projets ?
C’est sans doute un mal pour un bien...le versant positif, c’est qu’on n’a jamais vu un tel plateau au départ d’un tour du monde en solitaire. Des navigateurs venus d’horizons différents, des machines affûtées comme jamais. A contrario, les bateaux deviennent de plus en plus complexes : les coûts flambent et beaucoup d’équipes commencent à passer un temps important en chantier. Or, je reste persuadé que c’est d’avoir accumulé des milles sur ton bateau qui te permet de bien le connaître et d’en tirer le meilleur parti.
Réalisation : B&B Communication.